Notre socialisme est une forme de l’amitié
(Jean Mabire)
Renaissance Sociale a pris la décision de réorienter son action sur un objectif moins médiatisé que les sdf, mais qu’elle a jugé d’une urgence sociale encore plus importante. D’autres, autant que les sdf, connaissent des problèmes de logement et de subsistance et, plus encore que la plupart des sdf, aspirent à s’en sortir et à tirer parti de l’assistance qu’on leur apporte : il s’agit des familles en difficulté avec plusieurs enfants.
Pour le moment, nous n’en assistons encore que deux, soit onze personnes, dont huit enfants entre six et dix-sept ans. Nous avons pu leur apporter des vêtements et du linge de maison en assez grande quantité et des éléments de mobilier. Mais l’aide dont ils ont besoin n’est pas que matérielle. Ils ont besoin de solidarité, et besoin d’être eux-mêmes solidaires autant que de nous trouver solidaires dans leurs difficultés.
En matière de solidarité, le premier effort à accomplir, c’est de savoir, de connaître. Ce n’est qu’à partir de la troisième rencontre que les premiers éléments de la confiance peuvent se mettre en place, qu’on nous confie enfin certaines réalités. Dès lors, plus que des moyens matériels et financiers, nous avons besoin de bénévoles. Et plus que de simples bénévoles, notre action sociale requiert des candidats à l’amitié.
Leur intervention sera d’autant plus ingrate que la qualité des sujets est très inégale. Toutefois le premier devoir d’une élite populaire, c’est de s’abstenir de mépriser son peuple, si méprisable qu’il puisse se montrer, mais de mettre tous ses efforts à le rendre plus digne d’estime. Et les enfants y sont souvent tout disposés
C’est pour cultiver cette dignité que Renaissance Sociale veut être, plutôt qu’une organisation caritative, une association d’entraide mutuelle. Nous nous abstenons de rien donner, et en tout cas jamais d’argent, mais nous prêtons, sur l’honneur. En acceptant nos aides, nos associés assistés doivent assurer qu’ils en ont effectivement besoin et accepter également l’idée que, s’ils en ont jamais les moyens, ils rendront la pareille à un autre associé de la mutuelle qui se trouverait dans la nécessité.
C’est pour donner à toutes ces opérations de prêts d’honneur une forme symbolique concrète que nous nous astreignons tous, membres assistants et membres assistés, à la formalité ingrate du reçu, sur un inventaire sommaire signé.
Nous nous appliquons ainsi à pratiquer la devise de notre mutuelle d’entraide qui est Solidarité-Dignité-Franchise. Solidarité, car nos amis ont autant besoin de s’entraider que d’être aidés. Dignité, par leur refus d’être traités comme des déchets par une société qui se prétend humaniste, mais est en fait ségrégationniste. Franchise, par leur prétention à s’affranchir d’un système qui se prétend libéral, mais est en fait néo-esclavagiste. Notre association veut leur apporter la force de s’unir et de se faire respecter.
Votre participation éventuelle, personnelle (temps et disponibilité), matérielle (vêtements, linge, chaussures, aliments) ou à défaut financière (ccp 000 335 05 39 62), est la bienvenue. Appelez le 0472/28 10 28.