Mardi 12 février
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Eric et John Mestdagh, administrateurs délégués des magasins Champion, demandent à leurs fournisseurs de justifier leurs augmentations de prix.
Trop cher! Généralement, ce sont les clients qui le disent. Éric et John Mestdagh se sont exclamés la même chose lorsqu’ils ont découvert les augmentations de prix que leur avaient réservé leurs
fournisseurs. Des hausses de prix tellement fortes, surtout au rayon crémerie, qu’ils n’ont pas osé les répercuter dans les mêmes proportions sur leurs prix de vente.
“Nos fournisseurs de lait, explique John Mestdagh, ont tous augmenté le prix qu’ils nous facturent. En moyenne, c’est une augmentation de 15,5 %, 20 % même pour certains. Nous avons même un lait
Joyvalle dont le prix a augmenté de 27 %. Mais nous n’aurions jamais osé répercuter ces prix sur le prix de vente demandé à nos clients. Ainsi, nous avons un lait Campina qui a augmenté, entre le
1er janvier et le 31 décembre, de 26,57 %, nous l’avons augmenté de 11,16 %. Et un beurre Cabay qui a augmenté de 30,96 %, nous avons monté notre prix de 25,22 %. ”
La comparaison entre prix d’achat et prix de vente a ainsi été établie sur 15 produits du rayon crèmerie. ” Et nous avons ainsi constaté, poursuit Eric Mestdagh, que, sur six mois, cela
représentait pour nous une perte de marge de 145.000€. On ne peut pas continuer comme ça… ”
Au départ, les administrateurs de Champion n’ont pas remis en cause ces hausses de prix. Mais lorsqu’ils ont vu, le week-end dernier, un reportage dans lequel les agriculteurs affirmaient que la
laiterie leur payait leur lait moins cher, là, ils ont vu rouge. ” Lundi, raconte Eric Mestdagh, nous avons envoyé des mails à nos fournisseurs en leur demandant de justifier leurs hausses de
prix. Et nous avons ajouté le reportage en pièce jointe. Mais nous n’avons reçu aucune réponse… ”
Mais chez Champion, on pointe aussi d’autres anomalies, dans l’autre sens. ” Le prix de la pomme de terre, en un an, a diminué de 35 à 45 %. Et le prix de vente de nos pommes de terre a diminué
de la même façon. Par contre, les frites surgelées de Lutosa et Mac Cain ont diminué, mais seulement depuis le 1er janvier, et rien que de 5 à 10 %. Et chez Iglo, leur prix n’a pas baissé du tout
“.
Mais qu’y faire? Ne plus vendre ces produits, comme l’ont annoncé les magasins Leclerc en France? Comme chez Carrefour, on estime chez Champion que c’est au client de choisir. Mais on comprend
aussi que le portefeuille du client n’est pas élastique et que, tôt ou tard, il va se tourner vers des produits moins chers.
Source: M.B.Valentin pour Blog Sud Press